La cavalerie christique de Bartabas

"Golgota" / Crédit Photo : Nabil Boutros.

« Golgota » / Crédit Photo : Nabil Boutros.

Le silence est donc le meilleur allié de Bartabas. Silence dans lequel peut se déployer toute la poésie et la magie qui se dégagent de cette danse christique entre l’homme et le cheval que nous propose Golgota. Deux êtres – parfois davantage – qui se jaugent, qui se toisent, mais aussi qui se rencontrent, sans jamais, toutefois, entrer en véritable interaction physique. A chaque fois que l’animal arrive sur la scène du Théâtre du Rond-Point recouverte de terre noire pour l’occasion, il apporte avec lui toute sa grâce et toute sa beauté, à côté duquel les hommes présents, et notamment Andrés Marín, ne peuvent que difficilement rivaliser.

Ici, l’homme n’est pas le maître. Il n’est qu’un simple accessoire d’un cheval majestueux qui, à la toute fin du spectacle, se passe même du cavalier pour jouer la comédie, seul, dans un intriguant face à face pendant lequel tout parait possible. A mesure que l’homme s’affaiblit, le cheval, lui, prend toute son autonomie. Asservi en début de représentation, il parvient à devenir l’égal artistique de l’homme – en dansant à ses côtés – puis à en prendre le dessus, jusqu’à s’en passer complètement.

Bien-être, quiétude et sérénité

Entre ces moments équestres magiques, les séquences avec les seuls hommes paraissent bien plus faibles. Comme si, lorsque l’animal quittait la scène, le spectacle perdait alors un peu de son âme, malgré la maîtrise technique sans faille d’Andrés Marín, notamment lors d’un solo de flamenco qui, s’il peut paraître long, n’en est pas moins beau. Sans oublier, non plus, les chants grégoriens de Tomás Luis de Victoria qui, s’ils peuvent devenir lassants, n’en sont pas moins techniquement sublimés par la voix contre-ténor de Christophe Baska.

Une représentation de laquelle le spectateur ressort avec un profond sentiment de bien-être, de quiétude, voire de sérénité. Comme si le cheval avait réussi à apaiser la douleur d’un Christ qui se détruit – autant qu’il se magnifie – dans son dernier pèlerinage.

Golgota de Bartabas, chorégraphié et interprété avec Andrés Marín, jusqu’au 11 mai à 20h30 au Théâtre du Rond-Point (Paris). Durée : 1h15. ***

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