« Berliner Mauer » : deux spectacles pour deux Allemagnes

"Berliner mauer : vestiges" / Crédit photo : Denis Manin.

« Berliner Mauer : Vestiges » / Crédit photo : Denis Manin.

Quand vient l’heure de prendre place dans la salle Roger Blin du Théâtre Gérard Philipe, le dispositif en bi-frontal invite à choisir son camp. Nul ne se doute encore que cette décision aura une influence sur le spectacle qu’il verra. Car, pour Berliner Mauer, le Birgit Ensemble, emmené par Julie Bertin et Jade Herbulot, a fait le choix de proposer deux spectacles en parallèle : de part et d’autre d’un mur érigé au milieu de la scène, l’histoire de Berlin-Ouest, son capitalisme en bannière, et celle de Berlin-Est, sous le joug de la dictature communiste.

A partir de textes d’Heiner Müller, Frederick Taylor, Ian Kershaw, Peter Handke, Wim Wenders, Richard Reitinger, F. H. von Donnersmarck, J. F. Kennedy, William H. Gass pour ne citer qu’eux, la pièce retrace la chronologie de cette séparation allemande, de la conférence de Yalta, où Roosevelt, Churchill et Staline cherchent à s’entendre sur la partition de l’Allemagne, à la performance musicale de Mstislav Rostropovitch sur les ruines du Mur.

Dans l’entre-deux, se jouent selon les spécificités de chaque camp, des moments macro autant que microhistoriques, du célèbre discours de Kennedy au creusement d’un tunnel, en passant par une partie de Monopoly noyée dans le Coca-Cola, un concert de Nina Hagen ou un interrogatoire musclé mené par un officier de la Stasi.

Le patchwork manque de profondeur

Le tout est soutenu par une quinzaine de comédiens fraîchement sortis du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris dont la jeunesse et la fougue font émerger une très belle énergie scénique. Au-delà de la scénographie réussie, la mise en scène n’en finit pas de s’agiter et donne une tonalité souvent humaine, parfois burlesque, à un moment pourtant sombre de l’Histoire. Comme pour signifier que, malgré le Mur, la vie continue encore.

Pourtant, en dehors des moments de pure mise en scène, et malgré le talent de cette troupe, le patchwork de textes retenus a dû mal à convaincre : trop anecdotique, trop connu, pas assez intellectualisé… Exceptés les passages où Heiner Müller ressuscite, le propos manque de hauteur et ressemble parfois, dans sa linéarité, à un cours d’Histoire de terminale qu’on l’on aurait monté en saynètes. On en ressort alors sans avoir appris grand chose.

Berliner Mauer : Vestiges, ensemble de textes mis en scène par Le Birgit Ensemble (Julie Bertin et Jade Herbulot), au Théâtre Gérard Philipe (Saint-Denis) jusqu’au 14 février. Durée : 2h15 (entracte compris). ***

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