« Vanishing Point », le touchant road-trip de Marc Lainé

"Vanishing Point" / Crédit photo : Stephan Zimmerli.

« Vanishing Point » / Crédit photo : Stephan Zimmerli.

Sur un coup de tête, souvent sans crier gare, certains choisissent de s’évader. Parmi eux, quelques-uns opteront pour la piste Stampede, en Alaska, à la recherche du fameux bus 142 comme dans le film Into the Wild, d’autres préféreront le Grand Nord du Québec qui offre, lui aussi, des étendues faites de forêts, de cours d’eau et de lacs gelés. C’est le choix qu’a fait Joe (Marie-Sophie Ferdane) en larguant Montréal et son compagnon Tom (Pierre-Yves Cardinal) pour rejoindre les terres des amérindiens de la tribu cri et leur culture chamanique que Marc Lainé tente de nous faire découvrir avec son Vanishing Point au Théâtre de Chaillot.

Mais, sur la route de Tom lancé à sa poursuite, se trouve Suzanne (Sylvie Léonard) qui accepte de le prendre en stop. A bord de sa Honda Civic hors d’âge, elle a décidé d’aller voir une amie qui habite à des milliers de kilomètres de chez elle. Alors qu’elle aurait pu prendre l’avion, elle a opté pour la voiture, à dessein, car elle aussi cherche à s’évader sur ces grandes routes rectilignes. Au cours de ce flash-back consécutif au suicide de Suzanne, ce duo aussi touchant qu’improbable va expérimenter l’ivresse du Grand Nord québécois, pendant que Joe, revenue de son voyage, partage en musique sa vision de ces terres amérindiennes dans un bar de Montréal, le Vanishing Point.

Des âmes en quête de sens

En brouillant ainsi les cartes spatio-temporelles, Marc Lainé expérimente les frontières du théâtre. Pour raconter ce road-trip où la musique du groupe Moriarty occupe une place prépondérante, il a recours à un séduisant subterfuge : quelques écrans et quelques caméras permettent d’immerger le théâtre dans le théâtre. Sur le plus grand écran, est retransmis, en direct, l’intérieur de cette voiture que l’on croit voir bouger mais qui est, en réalité, bien immobile. La mise en mouvement ne se fait que grâce aux images qui défilent derrière elle sur une autre série d’écrans… et l’illusion fonctionne.

Il faut dire que, grâce à leur jeu tout en sensibilité, Pierre-Yves Cardinal et Sylvie Léonard (et leur charmant accent québécois) n’y sont pas pour rien dans cette réussite. On regrettera tout juste que Marc Lainé consacre peut-être une part un peu trop importante du spectacle au personnage de Joe, que Marie-Sophie Ferdane, ce soir-là, caricaturait légèrement. Les légendes chamaniques amérindiennes nous détournant alors de ce duo fait d’âmes en quête de sens qui nous intéressait davantage.

Vanishing Point (Les deux voyages de Suzanne W.) de et par Marc Lainé au Théâtre de Chaillot (Paris) jusqu’au 17 avril. Durée : 1h20. ***

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