« Un amour qui ne finit pas », le boulevard haut de gamme de Michel Fau

"Un amour qui ne finit pas" / Crédit photo : Marcel Hartmann.

« Un amour qui ne finit pas » / Crédit photo : Marcel Hartmann.

Au théâtre, il y a boulevard et boulevard. Il y a ceux, souvent impraticables, que l’on peut voir, par exemple, dans certains théâtres des Grands Boulevards. Et d’autres comme ce Un amour qui ne finit pas d’André Roussin, monté par Michel Fau au Théâtre de l’Oeuvre, où la volonté affichée par le metteur en scène de faire rire ne l’empêche pas pour autant de donner une certaine consistance au théâtre qu’il propose.

Dans l’appartement au canapé blanc et coussin noir, se trouvent Jean (Michel Fau) et Germaine (Léa Drucker) ; dans celui au canapé noir et coussin blanc, habitent Roger (Pierre Cassignard) et Juliette (Pascale Arbillot). Toute cette bande de grands bourgeois doit faire face à un problème sentimental inédit : lors d’une cure thermale à Divonne-les-Bains, Jean est tombé amoureux de Juliette. Mais, pas de cet amour classique qui attend que l’autre aime en retour, non. D’un amour unilatéral. Collectionneur de maîtresses, Jean n’en peut plus de ces amours qui finissent une fois que les hommes ont eu ce qu’ils voulaient. Il cherche dorénavant une femme à adorer, sans réciprocité. Une situation que Roger, le mari de Juliette, aura, on le comprend, toutes les peines du monde à accepter…

Une dose de rire intelligent

Plongés dans une atmosphère dissymétrique toute en noir et blanc, de la couleur des murs à l’abat-jour en passant par les friandises de la bonbonnière, habilement choisie par Michel Fau, les comédiens, tous talentueux et très bien dirigés, parviennent à faire émerger le relief comique d’un texte, qui, pourtant, dans le propos qu’il présente, manque assez cruellement d’intérêt. Mais cette faiblesse dans l’analyse – logique, diront certains, pour un boulevard -, sur un sujet qui pourtant mériterait d’être creusé, se fait, la plupart du temps, assez vite oublié tant le jeu avec la scénographie et la présence des comédiens occupent rapidement la totalité de nos esprits.

Si Michel Fau nous avait habitués, ces derniers temps, a employé et déployé toujours le même registre en « hystérisant » quelques textes classiques, il parvient cette fois-ci à faire un pas de côté en optant pour une mise en scène chic et sobre avec un grand soucis du détail. Le tout ne manquant pas de rythme, tant les comédiens parviennent par leur énergie à la mener tambour battant. Tant et si bien, qu’à la toute fin, on en reprendrait presque pour quelques minutes, histoire d’être bien sûr d’avoir fait le plein d’une bonne dose de rire intelligent.

Un amour qui ne finit pas d’André Roussin, mis en scène par Michel Fau au Théâtre de l’Oeuvre (Paris) jusqu’au 24 juillet. Durée : 1h40. ***

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