« Onomatopée » : tg Stan, De Koe et consorts boivent la tasse

"Onomatopée" / Crédit photo : Théâtre de la Bastille.

« Onomatopée » / Crédit photo : Théâtre de la Bastille.

On pouvait légitimement attendre beaucoup de cet Onomatopée. Cinq comédiens (Gillis Biesheuvel, Damiaan De Schrijver, Willem de Wolf, Peter Van den Eede et Matthias de Koning) issus de quatre compagnies flamandes parmi les plus en vue du moment (tg Stan, De Koe, Dood Paard et Maatschappij Discordia) réunis au Théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d’automne… L’affiche était plus qu’alléchante. Malheureusement, la déception fut proportionnelle aux attentes. Amalgame d’intentions ratées, le spectacle ne parvient jamais à décoller et a, par ricochet, toutes les peines du monde à convaincre. A croire qu’au petit jeu de l’absurde, n’est pas Samuel Beckett qui veut.

Déguisés en garçons de café, les cinq comédiens prennent place, assis autour d’une petite table, sous une banderole. Dessus, une inscription regrette la disparition de la spontanéité dans la société néolibérale dans laquelle nous vivrions. Dès lors, pendant près d’une heure, les serveurs d’un soir, englués dans leur torpeur et leur inertie, dissertent sur le (faux) thé à la menthe qu’ils sont en train de boire, sur le sucre marocain qu’ils y ajoutent ou encore sur ces gens qui passent leur temps libre à courir par monts et par vaux… Le tout en repoussant toujours le début du spectacle qu’ils étaient venus pour jouer et qu’ils finiront par débuter, dans la dernière demi-heure, en brisant l’ensemble du décor avant de déplacer – inutilement – le public de l’autre côté de la salle.

De fausses bonnes idées qui tombent à l’eau

Car, chose déjà vue, les spectateurs ne sont pas installés dans leurs sièges rouges habituels. Pour l’occasion des gradins en bois ont été construits, sur la scène, et une longue palissade faite de bâches plastiques dissimule l’autre côté de la salle. Un subterfuge qui ne trouve son sens qu’à la toute fin du spectacle, donc, dans la translation que le public est invité à opérer pour rejoindre ses quartiers habituels. Un coup raté, une fausse bonne idée qui tombe à l’eau, à l’image de l’ensemble du spectacle. Outre le « moment de folie » où le décor est transpercé par des têtes d’animaux empaillées, dans une ambiance de jungle sonore, l’assemblage est poussif. Alors que les comédiens cherchent, par moments, à jouer avec le public, la barrière de l’absurde qu’ils ont édifiée entre eux et les spectateurs en a déjà fait décrocher plus d’un.

Si les cinq comédiens flamands sont loin d’être mauvais – on ne peut d’ailleurs que saluer leur performance -, le semblant de texte, à mi-chemin entre la fausse improvisation et l’écriture de plateau, recèle bien trop de faiblesses pour être convaincant. Anecdotique, vaguement drôle, il lasse très rapidement et le comique de situations, légèrement forcé, nous glisse dessus comme l’eau sur les plumes du canard. Agacés, les scènes qui pourraient être drôles, deviennent atterrantes. Alors, malgré toute l’énergie déployée dans l’épilogue, le public est définitivement perdu, étourdi par les méandres absurdes qu’il a dû emprunter pendant près d’1h30, sans véritable direction à suivre. La blague de Toto et la succession d’onomatopées finales n’y changeront rien.

Onomatopée de et par tg Stan, De Koe, Dood Paard et Maatschappij Discordia, au Théâtre de la Bastille (Paris) dans le cadre du Festival d’automne à Paris. Durée : 1h35. *

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