Avec son « Conte d’hiver », Declan Donnellan se fait enchanteur

"Conte d'hiver" / Crédit photo : Johan Persson.

« Conte d’hiver » / Crédit photo : Johan Persson.

En bon Britannique qu’il est, Declan Donnellan est un expert de Shakespeare. Hamlet, Othello, Beaucoup de bruit pour rien, La Tempête, Macbeth, Comme il vous plaira, Mesure pour mesure… Le metteur en scène a tellement écumé le répertoire du grand Will qu’il peut se permettre, à quelques années d’intervalle, de présenter différentes versions d’une même pièce. Au Théâtre des Gémeaux, duquel il est un habitué, il s’attaque cette fois, à l’occasion du 400e anniversaire de la mort du dramaturge, au Conte d’hiver avec une précision envoûtante dans la réappropriation qu’il propose, comme dans la direction d’acteurs qu’il impose.

Pour ce qui restera comme l’une de ses dernières pièces, Shakespeare se focalise, et ce n’est pas étonnant, sur le destin d’une famille royale. Léonte (Orlando James), roi de Sicile, est soudainement envahi par une jalousie paranoïde : il croit que sa femme, Hermione (Natalie Radmall-Quirke), le trompe avec son frère, Polixène (Edward Sayer), et que ce dernier est le père de l’enfant qu’elle porte. Dès lors, il décide de tout mettre en œuvre pour réprimer cet adultère et demande que son frère soit assassiné et sa femme jugée pour haute trahison. Mais c’est sans compter sur les faits et gestes d’une Cour bien sceptique qui va tout tenter pour ramener le Roi à la raison.

Un jeu précis et efficace

Épaulé par son fidèle scénographe, Nick Ormerod, Declan Donnellan brille par la justesse de sa mise en scène. Sans effacer, ni se faire écraser par le texte de Shakespeare, il le maitrise de bout en bout en usant de procédés scéniques et techniques qui témoignent d’une fidèle compréhension du texte. A l’aide de coupes bien senties, il parvient à se réapproprier un conte qui pourrait parfois dérailler par manque de crédibilité.

Cette réussite, le metteur en scène la doit également aux comédiens de la troupe Cheek by Jowl, qu’il a créée il y a plus de 30 ans. Si sa direction n’y est pas pour rien, le talent intrinsèque de ses acteurs non plus. Leur jeu, précis et efficace, donne aux différents personnages un relief et une humanité que l’on ne voit que trop rarement sur les plateaux français. Difficile alors de distinguer l’un par rapport à l’autre tant tous concourent au succès de ce Conte d’hiver dont Shakespeare pourrait être fier.

Conte d’hiver de William Shakespeare, mis en scène par Declan Donnellan au Théâtre des Gémeaux (Sceaux) jusqu’au 31 janvier, puis du 3 au 7 février au Théâtre du Nord (Lille). Durée : 2h45 (entracte compris). ****

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